« Simplifier et stabiliser » : le projet de Kellogg Company pour arriver à une supply chain durable

Dans le deuxième article de son blog (lisez le premier ici), Charlotte Durrant, responsable marketing et communications chez Sedex, commente les principales leçons à tirer du discours d’ouverture d’Alistair Hirst, vice-président senior de la supply chain mondiale chez Kellogg Company, lors de la Conférence Sedex 2016.

 

Kellogg Company compte 33 000 collaborateurs et Alistair Hirst en dirige 20 000 au niveau de la supply chain. Et ce chiffre ne représente que les employés directs. Si l’on prend en compte leur approvisionnement au sens large, ce chiffre augmente considérablement. Lors de la Conférence Sedex, Alistair Hirst a souligné : « l’une des choses que j’ai apprises, c’est que si je n’ai pas une base solide sur laquelle construire, rien de ce que je fais ne sera durable. Simplifier peut vous aider à stabiliser et vice-versa. »

 

Alister Hirst a décrit l’étendue des opérations de Kellogg’ Company, qui produit 1 600 aliments dans 20 pays et les vend dans 180 pays. Cette étendue fait de la transparence un élément essentiel. Il a déclaré : « Le développement durable ne se limite plus à réduire vos émissions de gaz à effet de serre ou votre bilan carbone, il concerne la totalité de votre supply chain. Nous avons la responsabilité de comprendre ce qu’il se passe sur l’intégralité de cette supply chain, que ce soit au premier, deuxième, troisième ou quatrième niveau. »

« Les entreprises ont un rôle à jouer et elle créent des marchés et des opportunités, tout particulièrement dans les pays en voie de développement, pour les petits exploitants agricoles qui veulent améliorer leurs conditions de vie. Et c’est ce que veulent nos clients. Tout ce que nous faisons est motivé par nos consommateurs et nos clients. Nous n’agissons pas simplement parce que nous pensons que c’est une bonne idée, nous savons que nos consommateurs (particulièrement la génération Y) veulent savoir d’où provient leur nourriture. Ils veulent acheter auprès d’entreprises qui ont les même valeurs morales qu’eux. »

Alister Hirst a décrit les quatre caractéristiques clés dont Kellogg Company doit faire preuve afin de s’assurer d’avoir une supply chain stable :

  • la résilience: « Nous devons être résilients face aux chocs d’offres à court terme, pour réagir rapidement et nous approvisionner en peu de temps. »
  • la prévisibilité : « Nous devons prévoir les chocs d’offres à plus long terme, particulièrement en ce qui concerne les changements climatiques et savoir ce que nous pouvons faire pour les anticiper. »
  • l’abondance de données ou analyses prédictives : « Les données disponibles dans le monde sont plus nombreuses qu’elles ne l’ont jamais été, mais les utilisons-nous pour prédire ce qui pourrait arriver à l’avenir ? Les analyses prédictives peuvent être d’une grande aide pour stabiliser la supply chain. »
  • Partenariats : « En aucune façon Kellogg Company ne peut y parvenir seule, nous devons choisir les partenaires qui nous aideront à obtenir le succès et les résultats positifs que nous visons. Nous travaillons avec la Banque mondiale, avec Sedex, avec SGS, avec de nombreuses organisations pour nous aider à comprendre notre supply chain et notre programme de durabilité. »

Alister Hirst a ensuite expliqué les quatre éléments sur lesquels travaille Kellogg Company au sein de sa supply chain :

  • Agriculture intelligente face au climat: « Elle vise à améliorer la productivité et la résistance des cultures et à réduire l’émission de gaz à effet de serre. Kellogg Company va mettre en place des partenariats avec plus de 15 000 agriculteurs d’ici 2020 pour développer ces pratiques. »
  • Protection du climat et des ressources naturelles: « La disponibilité de l’eau et la santé du sol sont deux éléments qui nous intéressent particulièrement, parce que sans eux, les cultures ne peuvent pas pousser et nous ne pouvons pas être productifs. »
  • Droits de l’homme : « Il s’agit d’un élément très important pour nous. Nous avons notre code d’éthique mondiale que nos fournisseurs sont tenus de respecter. »
  • Réputation: « Nous savons que notre réputation est fragile. Quand une information peut faire le tour du monde en quelques secondes, votre réputation peut être bonne à un moment donné et réduite à néant dans le monde entier, avant même que j’ai pu finir ma phrase. C’est là qu’interviennent les audits, j’adore les audits. Nous avons besoin des audits pour l’amélioration continue, au niveau de la supply chain de Kellogg Company, « un engagement pris est un engagement tenu. »

 

Alister Hirst a souligné l’importance d’indicateurs clairs dans le sourcing responsable et a cité quelques-uns des principaux objectifs que Kellogg Company s’est fixée. Il a également abordé la difficulté de mesurer et d’atteindre ces objectifs : « c’est difficile. Notre supply chain évolue en permanence, mais notre objectif ne change pas, il reste le même quoi qu’il arrive, nous continuons à aller de l’avant. »

Il a ensuite donné trois exemples qui font la fierté de Kellogg Company :

  • Les origines de Kellogg Company : L’entreprise travaille avec des agriculteurs britanniques pour favoriser la biodiversité et pour permettre à des enfants scolarisés en milieu urbain de découvrir d’où provient leur nourriture.
  • Riz thaïlandais : Kellogg Company travaille en étroite collaboration avec le gouvernement thaïlandais depuis 2008 pour cultiver du riz à long grain en Thaïlande et assurer ainsi la résilience de l’offre. La première récolte commerciale de l’entreprise a eu lieu l’an dernier. Selon le gouvernement thaïlandais, c’est la première fois qu’un partenariat public/privé opère sur cet espace agricole. Kellogg Company a également créé un marché pour les agriculteurs thaïlandais, qui leur offre davantage de sécurité.
  • Producteurs de Quinoa en Bolivie : Kellogg Company aide les agriculteurs à gérer leurs cultures pour qu’ils puissent conserver leur certificat d’agriculture biologique, essentiel à leur subsistance. Les fermes n’ont pas l’électricité, ils ont donc également investis dans l’énergie solaire, ce qui permet aux agriculteurs d’irriguer les champs et d’éclairer leurs maisons la nuit.

 

Alister Hirst a également parlé du pouvoir des partenariats. Il a expliqué comment, selon lui, « les supply chains sont trop simplistes et linéaires dans ce monde VUCA (volatile, incertain, complexe et ambigu). Dorénavant, nous fonctionnons en toile d’approvisionnement et une araignée se déplace rarement en ligne droite sur sa toile. »

Il a résumé : « nos clients veulent acheter de la vraie nourriture, ils font attention à sa provenance et aux conditions dans lesquelles elle a poussé, ils veulent que nous prenions soin de la planète. Simplifier le travail, stabiliser la base d’approvisionnement, soutenir les gens, les communautés et l’environnement au sein duquel nous travaillons et que nous exploitons. Mais n’oubliez pas, nous restons une entreprise, et nous devons nous concentrer sur le consommateur et le client. »

 

Regardez ci-dessous l’intégralité du discours d’ouverture d’Alistair Hirst ou parcourez la playlist YouTube de la Conférence Sedex 2016 pour découvrir davantage de vidéos.